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BOALE4 - ARCHIGRAM - Towards throwaway architecture

Statut

ARCHIGRAM - Towards throwaway architecture - 1963_...

Sujet : Discussion

Auteur : Cook P.

Diffusion : Published at 59 Aberdare Gardens, London Autumn 1963

De plus en plus...

Sans nous en rendre compte, ou presque, nous avons intégré dans notre quotidien la première génération de produits jetables: sacs et mouchoirs en papier, emballages en plastique, stylos-billes, super 45 tours... toutes choses auxquelles nous ne pensons même plus et que nous jetons, sitôt utilisées.
Nous sommes également environnés d'objets plus volumineux, plus durables, mais néanmoins étudiés pour une durée de vie limitée : la voiture... et son garage modulaire.
Aujourd'hui, la deuxième génération est en passe de nous inonder: les meubles en papier sont une réalité aux Etat-Unis, les draps en papier deviennent monnaie courante dans les lits d'hôpitaux britanniques, le Greater London Council construit des maisons à durée de vie limitée.

Et jusqu'au bout

En ce qui concerne la société et le produit, la scène immuable est remplacée par l’évolution accélérée de nos habitudes de consommateurs et donc, en définitive, de nos habitats de consommateurs.
Nous sommes désormais bien plus habitués à l'idée de renouveler nos vêtements chaque année qu'à celle de les conserver plusieurs années. De même, l'espoir de conserver un meuble assez longtemps pour le transmettre à nos enfants semble de plus en plus ridicule. Dans ce contexte, nous ne devrions pas nous étonner que tel article soit usé après un temps de vie "idéal" plutôt qu'à la fin de son temps de vie traditionnel.
L'état d'esprit qui consiste à accepter cette situation se répand dans notre société aussi rapidement que l'arrivée des produits jetables sur le marché. Nous devons voir là un signe de bonne santé, éminemment positif, qui est le produit d’une société de consommation développée et non stagnante (et, au bout du compte, décadente.
Notre blocage mental collectif se manifeste dans le domaine des biens de consommation de taille modeste et des objets qui constituent notre environnement. Peut-être faudra-t-il attendre que certaines choses - le logement, les lieux d’agrément et les lieux de travail par exemple - soient reconnus comme autant de biens de consommation qui peuvent être "achetés tout faits" - avec ce que cela implique en termes de consumabilité* planifiée (d'abord), d'industrialisation, de phénomènes de mode, de choix du consommateur et de conception générale du produit - pour pouvoir commencer à construire un environnement qui fasse réellement partie d'une culture humaine en devenir.
Pourquoi cette indéfinissable résistance à l'idée de la durée de vie limitée d'une cuisine qui sera complètement dépassée dans douze ans (d'après nos critères actuels) et parfaitement ridicule dans vingt ans, alors qu'on admet sans état d'âme qu'une voiture ne dure que quatre ans ?
L’idée d’un environnement à durée de vie limitée demeure, d’une certaine façon, assimilée à l’anarchie... comme si son application supposait de raser l’abbay de Westminster.

Nous ne raserons pas l'abbaye de Westminster

S'ajoute à cela l'idée qu'un bâtiment provisoire a des relents d'économie et d'austérité. Les architectes sont les premiers à nier que le vaste potentiel de consumabilité planifiée soit le reflet bâti de la seconde moitié du XX siècle. La plupart des constructions d'aujourd'hui qui sont techniquement "jetables" dissimulent habilement le fait... elles se font passer pour des bâtiments permanents - des monuments à la mémoire du passé.

Lien externe : http://archigram.westminster.ac.uk/project.php?id=98

Voir aussi :

Groupe thématique : TEXTE

Thème majeur : Consumérisme

Notions - mots clefs : consumérisme,décadence,génération,sixties,jetable,objets,architecture,consommation,histoire,patrimoine,engrenage

Activités : Texte

Famille : Texte "article revue"

Échelle : XXL

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