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CGS5 - L'autosuffisance énergétique6

Statut

L'autosuffisance énergétique6 - 2016_...

2016_RIGAL

Sujet : Autosuffissance énergétique : de l'utopie à la réalité

Auteur : C. COURTY - A. GUEZI - M. SAINT-JALMES

Diffusion : RIGAL Salomé

Voici un extrait de la correction et la synthèse de nos écrits, toujours un cours de réalisation :

" Sous le poids de la nécessité, les utopies deviennent réalisables " écrivait Yona Friedman dans son plaidoyer pour l'autosuffisance locale Alternatives énergétique. Cette citation résume le paradoxe mondiale concernant le rapport à l'énergie et à sa consommation que l'humanité perpétue depuis la première révolution industrielle. En effet, dans un contexte actuel de Cop 21 et d'Habitat III, la communauté internationale met en exergue une double problématique. D'une part, une sobriété énergétique ainsi que des recherches à propos de nouvelles sources d'énergie sont mises en place pour faire face à une future crise. D'autre part, la problématique de la pollution devient un enjeu considérable au constat d'une dégradation écologique inédite en cours. Peu de réponses, souvent classées comme alternatives, sont exprimées. En outre, ces questions de sociétés, fondamentales pour notre pérénité, se concentrent en grande partie dans le rapport à l'habitat et à la question urbaine soit à l'architecture et à l'urbanisme. Ainsi, de nombreux architectes, chercheurs, industriels et promoteurs cherchent une solution. L'idéal de l'autosuffisance nait alors.
Nous développerons ici la question de l'autosuffisance énergétique à l'échelle de la ville, échelle où l'autosuffisance est la plus réalisable. Nous tenterons de faire la distinction entre autosuffisance et autarcie, puis illustrerons notre discours par des modèles et essais théoriques et réalisés. Enfin, nous attacherons l'autosuffisance à une simple utopie ou à une réalité prometteuse.

L'autosuffisance est un concept géopolitique et géostratégique qui s'oppose au phénomène de mondialisation, basé sur une économie et un fonctionnement libéralisé. De facto, l'autosuffisance suppose la production suffisante d'une ressource pour subvenir à ses propres besoins. Elle implique également une économie tournée vers l'intérieur, profitant à tout à chacun. Cela peut induire une redistribution équitable des ressources pour favoriser l'indépendance de chaque individu vis-à-vis de l'extérieur. L'autosuffisance peut également produire plus que nécessaire, sous-tendant une exportation de produits, sans pour autant investir dans les réseaux mercantiles d'imports. Ainsi, bien que l'étude sémantique associe le terme d'auosuffisance à celui d'autarcie, la signification de ces notions est différente. En effet, l'autosuffisance n'exclue de ses relations avec l'extérieur que les relations marchandes ou les échanges se rattachant à un réseau mercantile. A l'inverse, l'autarcie exige un repli sur soi ainsi qu'une annihilation de tout types de flux.
La noton d'autosuffisance sous-tend également la question sociale et son organisation. Cette problématique implique un renouvellement des pratiques et des modes de vie. En effet, la modification de l'accès et de la distribution des ressources implique nécessairement un nouveau modèle sociale
De plus, l'autosuffisance induit la notion d'échelle, se décomposant en quatres dimensions en ce qui concerne le domaine architectural et urbanistique. La micro-échelle est tout d'abord mise en avant. Il s'agit de l'échelle du bâtiment et de son entourage proche, entre 1 et 100m. Elle s'attache à l'étude d'une entité ou plus rarement de plusieurs entités. Elle est souvent l'échelle développée pour des problématiques factuelles de sobriété énergétique, d'empreinte écologique et de durabilité. Ensuite, l'échelle locale, soit l'échelle du quartier, est généralement l'échelle impliquée dans les questions d'autosuffisance (e.g. : le quartier Bed-Zed, avec l'autonomie énergétique d'un quartier, d'une communauté). Viennent enfin l'échelle urbaine ou macro-échelle ainsi que l'échelle territoriale et nationale.

L'échelle urbaine est l'échelle qui rencontré une grande diversité théorique et réelle dans son rapport à l'autosuffisance. En effet, l'autosuffisance énergétique urbaine repose aujourd'hui sur un système identique à celui des polis grecques. Les cité-états indépendantes de l'antiquité étaient capables d'autosuffisance par la production de bois de chauffage. Néanmoins, du fait de l'augmentation démographique et des progrès techniques et techonologiques, les échanges, relatifs aux besoins des civilisations, augmentèrent et firent perdre aux villes leur caractère autosuffisant.

Au début des années 1970, des groupuscules d'ingénieurs, architectes et urbanistes commencent à effectuer des expériences sur l'autosuffisance, principalement pour l'université de Cambridge. Ces dernières sont alors principalement axées sur la conception et le développement d'unités indépendantes en terme d'énergie et de nourriture. Il s'agit de la création de la notion de maison autonome. Les études, très hétéroclites, sont nommées Autonomous House Project, dont les plus reconnues sont Prototype 1, Ecol House ou encore Minimum Cost Housing group. Ces projets sont aujourd'hui classés selon leur coût de construction et d'entretien via une échelle de trois niveaux : "Hautement autonome, très sophisitqué et chère", "Modulaire et compacte" et " Bas coûts".
La critique faite aux Autonomous House Projects est qu'ils sont exclusivement focalisés sur l'unité d'habitation minimum. Ces recherches sont en effet peu regardantes de l'adaptabilité des concepts aux différents environnements ruraux, semi-ruraux ou urbains et n'aboutissent pas à des solutions de grande échelle.
En 1973, le premier choc pétrolier met fin au rêve d'une Terre sur laquelle l'énergie serait illimitée et peu coûteuse. Ce contexte alarmant joue le rôle de catalyseur dans le milieu de la recherche. Les chercheurs veulent en effet réfléchir à l'autonomie d'une cité selon des facteurs multiples, notamment morphologiques. Il veulent aussi imaginer le dévelopement économique des micro-économies domestiques qu'engendreraient les modèles élaborés. En effet, les solutions en terme d'autosuffisance et de déconnexion doivent pouvoir s'adapter à tout contexte urbain et engendrer une économie afin de pouvoir devenir des villes énergético-suffisantes.

Voir aussi :

Groupe thématique : TD

Thème majeur : déconnexion énergétique

Notions - mots clefs : déconnexion, énergie, autosuffisance, utopie

Échelle : M

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