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CY_NOUV_final_rendu - l'architecture, quel sens?

Statut

l'architecture, quel sens? - 2017_...

2016_YON

Auteur : Jean Nouvel

Dans ce texte de Jean Nouvel, l'auteur brosse un portrait plutôt pessimiste de l'architecture d'aujourd'hui, qui peine selon lui à trouver son identité et à s'affranchir de l'héritage classique et moderne. Enfermé dans les méandres de sa propre discipline, l'architecte se serait reclus dans son "propre savoir", à l'écart de ceux à qui il est destiné, afin de ne pas être parasité par ses derniers. Cela est d'autant plus vrai qu'un certain confort législatif accompagne son travail. Souvent érigé en bouc émissaire du fait de ses prescriptions, l'administration serait à l'inverse garant de ce système auto centré en dotant l'architecte seul du pouvoir de création. De fait Nouvel érige trois catégories d'architectes directement enfantées de ce contexte "malade". Les uns se seraient "fondu" dans ce moule façonné par l'administration, les autres se seraient réfugiés dans une "planète" décalée de la réalité architecturale d'aujourd'hui, d'autres enfin, "agissant comme il se doit", attendraient que l'avenir se décante peu à peu et que les perspectives s'entrouvrent. Nouvel se place de suite dans cette dernière catégorie pour ensuite poser les conditions de la guérison des maux dont souffre l'architecture. "Ce n'est pas par notre savoir interne que l'on dénouera la crise de l'architecture". L'auteur pointe d'emblée l'auto centrisme de l'architecture en l'invitant à se démocratiser, à s'adresser à tous mais aussi et surtout à puiser ses sources au delà de son propre champ d'étude. Le but ultime de cette architecture serait de "signifier" , donner du sens, divulguer un message par le biais de la construction, à l'inverse de l'architecture actuelle "triste, monotone et sans surprise" qui s'empêtre dans ses propres canons esthétiques. La démarche bascule dès lors dans une approche de conception radicalement différente. "Elle doit s'adresser à l'esprit plus qu'à l'œil", outrepasser le caractère formel et s'inscrire dans un positionnement qui dépasse le pure cadre spatial. Pour ce faire, tous les champs d'études peuvent être convoqués, et ce à la seule condition qu'ils donnent sens à la démarche. Nouvel note qu'une telle démarche revêt un caractère subversif, implique un renversement "grammatical" dans le sens où la langue devient prépondérante par rapport à une simple lecture formelle des choses. La question qui se pose dès lors est : Que raconter ? Nouvel n'apporte pas une réponse précise mais s'attache à remarquer que seule une connaissance étayée du contexte permettra de donner un sens réel à sa démarche. En d'autre termes, l'auteur admet que chaque situation est singulière mais il affirme néanmoins qu'une connaissance contextuelle étayée permettra à coup sûr d'en extirper l'essence. Toutefois si une connaissance contextuelle est nécessaire elle n'est pour autant pas suffisante. Elle ne garantie pas une lecture lisible et compréhensible. Nouvel a néanmoins la certitude que le refus d'établir ce dialogue contextuel amènera irrémédiablement le projet architectural à sa perte. D'après lui, la contrainte liée au contexte fait partie intégrante de la démarche, et c'est de cette l'alchimie entre le savoir faire inhérent à l'architecte combinée à la compréhension de ce contexte, qu'adviendra un projet porteur d'un sens. De sorte il exhorte l'architecte à ne pas tomber dans l'écueil de l'architecte-artiste qui, persuadé de détenir dans l'étendue de son savoir la clef du résultat final, se marginalise de la réalité environnante. La clef résiderait essentiellement dans la compréhension de cette réalité. Mais la réalité actuelle est-elle propice à l'élaboration de projets porteurs de sens ? Autrement dit, le "fatras urbain et périurbain permet-il toujours à l'objet architectural de trouver un sens ?". Nouvel milite dès lors pour une solution urbanistique du problème. A dépasser le domaine de compétence de l'architecte qui se cantonne à s'intéresser isolement à une série d'objets, pour adopter une approche davantage globale et planifiée de la conception architecturale. L'auteur concède néanmoins que cette ambition se heurte au statut administratif actuel de l'architecte. Statut a son goût trop restrictif qui le restreint à un domaine de compétence limité. L'enjeu est donc avant tout de faire évoluer ce statut. De se servir des faibles pouvoirs à l'apanage des architectes pour faire évoluer et élargir ce domaine de compétences trop restreint. L'auteur invite l'architecte à adopter une posture délibérément provocante et engagée. A signifier par le biais d'une construction décalée voire absurde, une position critique à l'égard du contexte. De sorte que cette architecture soit donnée, forcée à voir par un large public.

Document lié : Livret_theorie.pdf

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