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NPSn_7 - Analyse comparative camp à la frontière Jordano-syrienne et camp de Paris porte de la chapelle

Statut

Analyse comparative camp à la frontière Jordano-syrienne et camp de Paris porte de la chapelle - 2016_...

Précarité

Sujet : Analyse comparative camp à la frontière Jordano-syrienne et camp de Paris porte de la chapelle

Auteur : NAVARRE Marie PODEUR Anna SOLMON Margaux + RIGAL Salomé

Diffusion : RIGAL Salomé

Introduction :


L’histoire révèle que la migration n’est pas la condition de « l’homme moderne » mais celle de l’humanité toute entière depuis qu’elle a commencé son expansion. Ces problématiques liées aux flux des individus n’est alors pas une interrogation moderne. Par une démarche historique, moralisatrice, on pourrait ainsi comparer les bidonvilles dans les années 1960 et aujourd’hui : le parallèle entre ces deux périodes historiques permet de créer des résonances dans l’analyse de l’action de l’État vis-à-vis des personnes qui habitent dans ces bidonvilles. On ne peut pas comparer le nombre de personnes vivant dans les bidonvilles en France dans les années 60 avec celui d’aujourd’hui, car celui-ci a nettement diminué. En dépit des contextes très différents, des similitudes existent.
Un reportage photographique publié sur le site de Médiapart met en parallèle ces deux réalités très proches l’une de l’autre avec pour titre : « 1950-2014 : toujours les mêmes bidonvilles ».
Ainsi cette idée que la grande polémique qui occupe aujourd’hui une grande part des médias et de l’actualité n’est en réalité pas nouvelle. Pouvons-nous ainsi apprendre des erreurs passées, des grands mouvements de constructions de logements de masse?
Ce premier axe de réflexion nous a amené à de nombreuses questions, en tant que futurs architectes, quel est notre rôle?
Pour cibler et argumenter plus précisément notre réflexion, nous avons choisis d’étudier deux camps, ville transit, matrice inclusive (ou exclusive…). Un camp formé à la frontière entre la Syrie et la Jordanie nommé Zaatari, au milieu du désert et qui de part son expansion devient ville. Et un camp récemment ouvert à Paris, Porte de la Chapelle, voué à être éphémère. La typologie du camp, son origine, son implantation, son organisation font l’objet de notre analyse. Par le biais d’un zoom en naviguant à travers divers échelles, l’étude prend forme et nous permet de nous interroger sur le dynamisme interne de ces lieux à vocation intégratrice. A nous de porter un regard sur ces organismes qui façonnent les espaces urbains de demain, qui ne sont pas seulement foyers de conflit et violence mais aussi des quartiers où s’opère des renouveaux essentiels dans la Société.
Le parcours d’un réfugié s’installe dans plusieurs temporalités et joue à différents rythmes. La question d’échelle spatio-temporelle est ici primordiale, entre déplacements, séjour dans un camp, installation dans un autre, l’incertitude dans ce “combat de survie” oblige toute étude théorique à employer des concepts afin d’uniformiser toutes ces expériences hétérogènes


La création d’un camp de réfugié n’est que la répercussion d’une situation où le domicile est devenu inhabitable. Pourtant ils existe une multitude de camps différents qui génèrent des modes de vies qui leurs sont propres. Ainsi demandons nous dans un premier temps quels sont les phénomènes qui conditionnent un camp ? .
Au delà de cette approche extérieure et studieuse, il y des usagers qui ont cette approche intime du camp, une connaissance et une flexibilité importante, quelles en sont les caractéristiques vernaculaires ? N’y trouverait pas t-on une solution à ces incertitudes perpétuelles ?






“le camp peut-il être considéré comme un laboratoire du devenir du monde contemporain?” Habiter le campement
« Sans droits, pas de toit ; sans toit, pas de droits. » Lola Schulmann, Relogement vs « éducation »
“l’encampement du monde” Michel Agier
















I - A l’échelle du territoire ( concept proposés : )


Aujourd’hui, on estime que la moitié des nombres des réfugiés est généré par seulement trois pays : La Syrie avec 4,9 millions, l’Afghanistan avec 2,7 millions, et la Somalie avec 1,1 millions. Le nombre le plus important de réfugiés provient donc d’une Syrie ravagée par la guerre. Victimes d'une crise humanitaire persistante et prisonniers des forces du régime de Bachar al-Assad et les jihadistes de l'organisation de l’état islamique, les réfugiés syriens sont majoritaires à migrer vers l’Europe.


Doug Saunders, journaliste et chroniqueur Canadien s’est intéressé à la question de l’immigration. Dans son livre “du village à la ville”, Doug Saunders s’intéresse à la vie des migrants, à leur destin, ainsi qu’à leur pérégrination. Il écrit alors « le migrant est un être en mouvement ; il transforme, urbanise chaque étape de son parcours, du village où il laisse sa famille jusqu’à la métropole où il arrive ». Nous pouvons nous poser la question de la véritable existence de cette “arrivée”.


Le camp de Zaatari est le plus grand camp du moyen-orient, il constitue une véritable enclave dans le désert, qui se pérennise avec le temps. En parallèle, il est intéressant d’étudier le camp de Paris situé à la porte de la Chapelle, qui accueil les réfugiés au sein de la ville. Ce camp à quand à lui été pensé comme un lieu de transition, de courte durée.


II - A l’échelle du camp (médiateur de l’habitat, ville tremplin, le camps comme organisme vivant)




Peu importe la partie du monde sollicitée , le choix géographique de l’implantation d’un camp découle toujours d’un raisonnement : Évidemment, des camps peuvent combiner des caractéristiques d’implantations géographiques


-Lorsque le camp présente une situation géographique favorable : à proximité d’une frontière d’un cours d’eau (comme la jungle de Calais ou le camp de Zaatari) : ces villes la sont dites “tremplin” elles ne sont pas pensées pour une habitation durable mais dans l’optique d’accéder à un site avec de meilleures conditions.
- Dans les cas les plus extrêmes et précaires, où l’on cherche à éviter des menaces ou des sources d’inconforts : un abris du vent, des animaux dangereux; En général ces camps ne sont pas situés très loins de l’habitat l‘origine des réfugiés


- Un camp peut également s’implanter dans une zone urbaine dense, en ville avec ou sans l’autorisation des représentants de celle-ci.
-Lorsque le choix du lieux découle de décisions institutionnelles : comme le camp porte de la chapelle à Paris. c’est un camp qui en général et commandité et qui sera suivi par des forces de l’ordre et des pouvoirs politiques.
Justement, les pouvoirs politiques et autres institutions peuvent agir comme une clé de voûte et conditionnement fortement les implantations des camps, lorsqu’ils sont dans une position active par rapport à ceux-ci. Ils sont confrontés à des dualités comme choisir entre instaurer une durabilité pour ceux-ci et donc résorber l’habitat insalubres et faire appel à des architectes ou au contraire garder cette conception d’un lieu tremplin . Ce n’est pas la première fois où Ils agissent comme “médiateurs de l’habitat” . En France, la création de cité a été conçue pour supprimer les bidonvilles (notamment celui de la défense) durant les années 60 ou encore plus tôt afin de proposer aux ouvriers un logement dans des cités jardins. par ailleurs ces deux réformes ont été réalisé afin de limiter des basculements politiques pour des personnes définitivement installées en France. ici la question se complexifie par l'incertitude permanente de la situation.
Pourtant d’autres camps se sont formés spontanément excluant toute implication institutionnelle :
Sur un vaste plateau aride situé à 15 kilomètres de la frontière syrienne,, le camp de réfugiés Syriens d’El Zaatari est sorti de terre à partir de juillet 2012. Le camp ne cessant de grandir et de se pérenniser, il a fallu procéder à un zonage de celui-ci en douze districts. Chacun d’eux comportant un commissariat de police, un poste de sécurité, des rues ou bien encore des systèmes d’adresse.L'artère principale du camp est appelée "Les Champs-Élysées" par les réfugiés. Le camp temporaire s’est donc organisé, et les tentes sont peu à peu remplacées par des préfabriqués en plastique et en aluminium. Le campement provisoire s’institue progressivement comme un espace de vie à part entière où chacun essaye de se projeter en y recréant une activité quotidienne.




Le camp de Zaatari a été décidé et aménagé par le gouvernement Jordanien avec l’aide du Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR). Il a été conçu pour accueillir entre 80 et 100.000 réfugiés. Les ONG sont très présentes sur les lieux. Leur aide est primordiale, les réfugiés dépendent tous de l’aide humanitaire. Le camp pourrait avoir une durée de vie d'au moins 10 ans, alors on construit en dur, car il faut investir à long terme. Certains réfugiés vivent dans le camp de Zaatari depuis plus de trois ans maintenant.
En France, tout comme dans le camp de Zaatari, des ONG se présentent dans une mesure humanitaire. Mais il peut surtout y avoir des décisions prises par un pouvoir, local ou national selon l’importance du site. Ceux-ci ont tendance à osciller entre promouvoir un meilleur confort, proposer une insertion ou au contraire, les regrouper dans un lieux qui peut vite avoir des similitudes avec un ghetto.Enfin, la société civile est présente avec une multitudes d’opinions différentes allant du rejet à l’accueil jusqu’au logement privé. (“libérez Calais” veut rendre sa ville “plus propre” et le Samu social propose de mettre en relation un migrant à un hébergeur volontaire)




Zaatari est une ville qui connaît un étonnant va-et-vient. Le camp-ville se situe à une douzaine de kilomètres de la frontière syrienne, le mouvement y est constant.
Entre 1500 et 2000 réfugiés syriens arrivent dans le camp chaque jour, tandis que d’autres le quittent pour aller trouver refuge dans des villes jordaniennes. Trois ou quatres bus, soit environ 300 personnes, font le chemin inverse pour retrouver la Syrie.
Les réfugiés arrivent parfois par centaines, ou par milliers, en une nuit. Des tentes sont placées près de la frontière pour les accueillir en attendant le transport en bus jusqu’au camp. La priorité, une fois à l’arrivée, est de donner de l’eau à tous les réfugiés. Ensuite on réalise les vaccins, donc les enfants sont prioritaires. Lentement, les nouveaux arrivants s’installent dans le camp, d’abord dans une tente, puis si possible, dans un préfabriqué.










.Les migrants qui passeront les portes du camp de la Chapelle à Paris doivent, en théorie, ne rester que "5 à 10 jours" maximum sur place. Ils seront ensuite redirigés vers différentes structures "sur tout le territoire national".. Le camp de porte de la chapelle destiné aux Hommes seuls possède 1000 places , 350 pour les femmes et enfants à Ivry. lorsque les camps sont moins supervisés par l’état la durée n’est pas déterminée. Le camp de Paris propose des espaces de détentes, des réfectoires, des bancs, des tables, ainsi qu’un terrain de foot. Les espaces de nuit seront subdivisés en huit îlots, avec des chambres en bois, chacune disposant de lits, d'une armoire et d'une prise électrique pour brancher les portables. De même, les badges d’accès sont anonymes pour le confort des habitants. Tout ce confort n’est conditionné que par une implication des institutions et le travail d’un architecte Julien Beller.


Zaatari est une ville-enclave d’habitants aux profils migratoires variés qui cohabitent non sans tension. Les conditions de vie sont loin d’être les mêmes que celles envisagées dans le camp à Paris. L’accès à l’eau potable est l’un des principaux problèmes du camp. Oxfam et Unicef travaillent ainsi sur l’installation d’un réseau d’alimentation en eau dans le camp qui permettra aux réfugiés d’avoir accès à de l’eau potable. Une fois achevé, ce réseau sera le plus grand jamais construit dans un camp de réfugiés.


La question du bien-être et du confort dans ces camps peuvent être soulevées. On entend par là, des conditions sanitaires suffisante, l’accès à des zones thermiques confortables, des lieux sûrs en matière de sécurité. Au delà de cette définition évasive, le bien-être peut être propre à chacun, on suppose qu’un appropriement au lieu est nécessaire pour les usagers ce qui peut être rendu délicat. Ainsi nous ne confondons pas ces deux notions bien-être et confort qui pour la première a une dimension personnelle et subjective alors que la seconde peut se traduire par des mesures physiques et des questions d’usages.


III - Dynamisme interne comme solution (expertise d’usage)



Et si des solutions se trouveraient dans ces espaces urbains transitionnels ?
« ville tremplin » « arrival city » = « lieu où se produira le prochain boom économique et culturel, ou alors, la prochaine violence. Tout dépend de notre capacité de voir les choses à temps et de notre désir d’agir maintenant. »


Contradiction au sein-même de l’idée du camp, dualité…
La plus grande inconnu pour cette réflexion est l’idée de la temporalité. Par ailleurs, dans la réflexion actuelle on oscille entre assurer des logements pérenne afin d’assurer un logement à la suite d’une crise dont on ne connaît pas l’issue.
Pourtant ce n’est pas la seule. Le problème est ici d’essayer d’analyser un mode de vie et avoir une démarche projectuelle vis à vis de celle-ci sans pour autant pouvoir prendre un parti pris sur la temporalité ou la façon dont on vit dans ces lieux.


Quand il est alors question d’envisager le rôle d’un architecte en pays occidental pour réfugiés il faut alors envisager que les réponses ne viendront pas uniquement de lui seul.
Les habitants du camps, ceux à qui celui-ci est destiné doit convenir à des besoins qu’il faut concevoir comme différents de l’architecte pour une raison culturelle d’une part.
Mais il est surtout question de connaissance, les habitants possèdent une expertise d’usage, comprennent le fonctionnement de celui-ci et en ont une appréhension sensible et quotidienne.
L’architecte dans son expertise savante est dans tous les cas nécessaire pour des raisons techniques indissociable du confort comme l’eau courant, l’isolation .. Pourtant la part majeure de son travail pourrait être une retranscription lucide des discours et du vécu des habitants, une compréhension des besoins qui peuvent être différents que ceux que l’architecture a pu appréhender.
Les camps de Julien Beller a Paris sont encore très jeunes et il est difficile d’avoir un retour critique sur ceux-ci. L’enjeux étant de ne pas avoir une démarche similaire à celle de la création de grands ensembles qui seront amèrement regrettés des années plus tard.


Quel est le rôle de l’architecte dans tout ça ? Il doit faire bouger les choses, reprendre son rôle d’acteur dans la société : Teddy CRUZ, à la frontière mexico-américaine, construit des « shantytowns » et négocient la production de matériel de construction avec les entreprises qui emploient les personnes en besoin de logements , l’architecte devient le concepteur d’un processus politique et économique.


Remarque déjà un changement des pensées et idéologies dans la société: retour à l’échelle locale, implication des habitants dans le processus de conception etc
“le campement peut alors exprimer la recherche de nouvelles manières de faire société, de réinventer le partage et la solidarité” Habiter le campement


exemple: Patrick Bouchain “l’atelier électrique” construction et rénovation de maisons en projet de démolition, selon les besoins et par les habitants eux même


N’est-ce pas que des idéaux? Comment créer une matrice réellement intégratoire?...










Références:






‘A’A’ events: “Réenchanter le monde - architecture, ville, transitions”


“Arrival city”, Doug Saunders


http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/23/le-nombre-de-refugies-dans-le-monde-equivaut-a-l-ensemble-de-la-population-francaise_4956340_4355770.html

Voir aussi :

Groupe thématique : TD

Thème majeur : Camps

Notions - mots clefs : Camps, architecte, rôle, contradictions, société, flux, migrants, précarité

Activités : Article

Échelle : M, L, XL

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